Couponing, comment devenir malade à rabais

Couponing, comment tomber malade à rabais

05 Sep 2019

Par Pierre-Olivier Pinard

Voici un article qui pourra peut-être décevoir quelques experts de l’économie. Est-ce que les rabais en épicerie vous mènent vers une mauvaise alimentation ? Voyons voir.

Le phénomène du couponing est de plus en plus répandu au Québec. Ce courant provenant des États-Unis regroupe des adeptes de l’économie, principalement en épicerie. Dans l’ère des produits transformés, peut-on parler d’un fléau social ?

Plusieurs émissions télévisées américaines suivent des partisans économes dans leurs chasses aux coupons en organisant, entre autres, divers concours ayant pour objectif de ne pas payer son épicerie. Je ne suis évidemment pas contre le concept de l’économie en soi. Par contre, un problème important survient lorsque ce concept est appliqué au vaste monde de l’alimentation.

Deux guerres existent soit celle entre les différentes compagnies de produits alimentaires peuplant les étalages des épiceries et la seconde entre les épiceries elles-mêmes. Revenons à la base et rappelons-nous que toute entreprise est une personne morale distincte au sens de la loi et que son seul et unique objectif est la profitabilité. Le principal but d’une compagnie alimentaire est donc de créer un produit, de le rendre séduisant et de le vendre à un maximum de clients possible. Ce but représente le début de la fin et l’épicentre de la problématique.

Lorsqu’on parle de créer un produit, on parle évidemment de transformation. Les compagnies souhaitent obtenir un produit qui se distinguera des autres afin d’interpeller le consommateur. Malheureusement assez souvent, plus un aliment est transformé, plus il est nocif pour la santé. Une fois le produit créé, les compagnies doivent le faire connaître au plus grand nombre. Afin d’atteindre leur objectif, elles utiliseront des moyens efficaces tels la publication de coupons, de rabais en ligne et de rabais retrouvés à l’intérieur de certains médias papiers.

Pourquoi les produits frais ne peuvent-ils pas, de la même façon, profiter de grandes promotions ? Ces produits ne possèdent pas les marges de profits nécessaires dues à une très forte concurrence. Il n’est pas possible, heureusement, d’être propriétaire de ce que Dame Nature crée de ses blanches mains. Les tomates ne sont donc propriétés de personne et donc, tout le monde peut en cultiver. Faire un rabais de 50 % reviendrait pour le cultivateur, le distributeur et le détaillant à vous payer pour que vous mangiez votre pizza napolitaine.

Assemblons les morceaux, nous avons d’un côté les adeptes de coupons rabais qui consomment un maximum de produits pour un minimum de coûts et de l’autre côté, nous retrouvons des compagnies qui offrent un maximum de produits transformés en promotion et un minimum de produits frais.

Pas étonnant de voir les paniers des participants, aux émissions, remplis de boissons gazeuses, de grignotines, de conserves et de plats surgelés. Il n’est pas plus surprenant de voir les paniers de plusieurs économes du dimanche, tout aussi remplis de produits nocifs. Encore une fois, ne soyons pas contre la vertu. Il est évidemment intéressant d’économiser sur une brosse à dents et sur du papier de toilette. Par contre, baser son épicerie sur le couponing peut vous mener, lentement mais sûrement, vers plusieurs problèmes de santé parfois incurables.

Pierre-Olivier Pinard B.sc.

Kinésiologue certifié en médecine fonctionnelle